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juin 2017

Les gants de protection

De plus en plus fins pour tous les métiers

Tiré par les normes mais aussi stimulé par le lancement régulier de produits innovants, le marché des gants de protection connaît une évolution jugée favorable par la plupart de ses acteurs. La hausse régulière de la performance des produits sur les deux attentes principales du marché – la performance de la protection et le confort d’utilisation – traduit l’expertise de fabricants qui développent des gammes conciliant de plus en plus souvent des impératifs techniques autrefois antinomiques.

Dans 20% des cas, les accidents du travail touchent la main et les doigts (source Carsat). Environ 125 000 personnes ont ainsi été victimes en 2015 de blessures consécutives à ce type d’accidents ayant occasionné une invalidité permanente pour plus de 5 500 d’entre elles et la perte de quelque 4,5 millions de jours de travail. La protection de la main est donc un enjeu important d’un point de vue humain, social et économique. Cet organe complexe qu’est la main, prolongement du cerveau humain dans l’accomplissement d’innombrables travaux, est en effet soumis à des nombreux types de risques dans le cadre d’une activité professionnelle, notamment dans les secteurs de l’industrie et du bâtiment. Pour la protéger avec le plus d’efficacité possible des différents types de risques encourus – le plus souvent mécaniques, chimiques et liés à la chaleur, au feu ou au froid –les fabricants conçoivent des produits de plus en plus sophistiqués en visant l’effet « seconde peau » qui conserve à l’utilisateur toute sa dextérité et contribue ainsi à renforcer sa productivité. 

Fabrication traditionnelle

Une vingtaine d’années en arrière, un gant de protection était fabriqué selon trois techniques de base, lesquelles sont toujours en vigueur même si la première que nous évoquerons, celle du coupé/cousu, perd régulièrement du terrain. Mise en œuvre pour la fabrication de gants pour les risques mécaniques, elle consiste à découper sur des presses, via des emporte-pièces, les pièces de cuir ou de textile qui, assemblées par piqûre, formeront le dos et la paume des gants. Les célèbres gants dockers – lesquels génèrent un volume de ventes toujours très important sur le marché même si la suprématie de cette catégorie de produits est désormais menacée – et les gants de soudeur sont notamment fabriqués selon cette technique (dans le second exemple, le gant conjugue résistance mécanique et résistance à la chaleur). 

Le trempage dans un bain liquide d’élastomère ou de plastique d’une forme en céramique et en métal permet la fabrication de gants pour la protection chimique (ainsi que des gants de ménage, sur le marché grand public) que ce process rend étanches, pour une période plus ou moins longue. Les gants trempés, vulcanisés ou gélifiés après le trempage, peuvent être supportés. Dans cette dernières hypothèse, un support tel un fin tricot est posé sur la forme avant le trempage. Les gants  non supportés peuvent être portés à même la peau après avoir été floqués ou poudrés. 

Les multiples possibilités du tricotage 

Outre le coupé/cousu évoqué plus haut, le tricot est un mode de fabrication des gants pour les risques essentiellement mécaniques et thermiques. Elaborés dans diverses mailles (jersey, bouclette…) à partir de fibres naturelles et surtout synthétiques depuis d’assez nombreuses années, les gants tricotés, parfois lavables, existent avec ou sans couture (on parle alors d’un gant tricoté un fil). Dans ce dernier cas, leur confort est amélioré, car il n’existe aucun point de pression susceptible d’entrainer une gêne quelconque. 

L’épaisseur du tricot qui joue un rôle à la fois sur la performance mécanique et thermique du gant mais aussi sur sa tactilité, élément-clé de la dextérité de l’utilisateur, est conditionnée par la jauge, laquelle est indiquée par un chiffre correspondant au nombre d’aiguilles utilisées par pouce. Plus ce chiffre est élevé (la jauge 18 étant citée par plusieurs fournisseurs comme la plus élevée existante aujourd’hui), plus le gant sera fin. Plusieurs fibres peuvent être mélangées dans un même gant, ce qui n’est pas le moindre des atouts des gants tricotés. Deux techniques rendent cette caractéristique possible, le vanisage et le guipage. Dans le premier cas, deux fils de natures différentes sont superposés lors du tricotage ; dans le second, le fil dit guipé possède une âme entourée d’un ou plusieurs fils différents. 

Le tricoté enduit au cœur du marché 

Last but not least, les gants tricotés peuvent être partiellement revêtus d’une couche de matière (l’enduction) qui non seulement renforce la performance du seul tricot mais, dans de nombreux cas, élargit le spectre des risques pour lesquels ils sont conçus. Aujourd’hui la majeure partie du marché de la protection de la main, tout particulièrement en ce qui concerne les gants pour les risques mécaniques, repose sur cette technologie mixte superposant tricot et enduction. Une catégorie de gants qui a supplanté les gants en cuir, lesquels conservent toutefois des adeptes (concernant cette matière naturelle, on peut signaler au passage que le cuir a retrouvé auprès des fabricants de gants de protection un regain d’intérêt, utilisé notamment sous forme de renforts jouant le rôle d’amortisseurs d’impacts). Depuis son apparition sur le marché dans le courant des années 1990, la catégorie de gants tricotés enduits connaît de régulières améliorations techniques, tant en ce qui concerne le tricot que l’enduction. Ces perfectionnements contribuent à renforcer la domination qu’exerce les gants tricotés enduits sur le marché – particulièrement sur le segment des gants pour les risques de coupure, laquelle constitue le risque contre lequel la grande majorité des utilisateurs de gants cherche à se prémunir. 

La suprématie de cette catégorie de produits en matière de protection de la main contre les risques mécaniques s’explique aussi par la très grande diversité de versions dans lesquelles sont disponibles ces gants qui peuvent cumuler, au sein d’un seul et même produit, les avantages de différentes fibres et matières d’enduction. Les acteurs du marché dans leur ensemble s’accordent d’ailleurs à reconnaître que l’association de certains polymères et fibres techniques est l’un des principaux vecteurs d’innovation en matière de protection de la main, avec dans une moindre mesure le perfectionnement des techniques de tricotage. 

L’avènement des fibres synthétiques  

Depuis déjà bon nombre d’années, les matières naturelles dont la soie, le coton ou la laine ont été en grande partie supplanté par les fibres synthétiques. A compter des années 1930, des chimistes de réputation mondiale (l’Américain DuPont de Nemours, le néerlandais DSM, le Japonais Nihon Sanmo…) ont mis au point de nouvelles matières synthétiques pour l’approvisionnement de la filière Vêtements qui, plusieurs décennies plus tard, ont bénéficié au marché des EPI, et notamment à celui des gants. Ces fibres qui ont littéralement révolutionné la vie de nos contemporains sont toujours utilisées par les fabricants de gants de protection, parfois seules mais souvent utilisées en mélange. Parmi les plus utilisées figurent la fibre polyamide (le nylon en est une), une fibre légère, élastique, résistante à l’abrasion, lavable et rapidement sèche. Le polyester, aux caractéristiques proches du polyamide, l’acrylique ou encore l’élasthanne relèvent également de cette génération de fibres. Léger, doux et chaud, l’acrylique isole du froid et offre une grande résistance à la traction et à l’abrasion. Quant à la fibre élasthanne (le Lycra®, par exemple), elle est capable de s’étirer jusqu’à sept fois sa longueur pour reprendre immédiatement sa taille initiale dès que la tension s’arrête. 

Des fils de plus en plus techniques 

Plus récemment apparurent des fibres techniques présentant des niveaux de résistance aux risques encourus par la main jusqu’alors inédits. Sans faire la liste exhaustive de ces fibres, on évoquera dans les lignes qui suivent les principales classes de produits et leurs caractéristiques majeures. 

Les para-aramides, une catégorie à laquelle appartiennent par exemple le Kevlar® et le Twaron®, sont utilisées pour leur niveau de résistance élevé à la coupure et à la déchirure et leur bonne tolérance à la chaleur. Leur performance sur ce dernier point les classe toutefois loin derrière une autre catégories d'aramides, les méta-aramides, dont fait notamment partie le Kermel®. Les fibres polyéthylène, dont un exemple est le Spectra® développé il y a quelque 25 ans par Honeywell (initialement pour des applications autres que la protection de la main), sont elles aussi résistantes à la coupure et à l’abrasion tout en étant insensibles aux produits chimiques et aux solvants. Pour renforcer la résistance à la coupure, il est techniquement possible depuis quelques années d’inclure dans les fibres polyéthylène d’un tricot des filaments d’acier ou d’inox. La fibre de verre peut aussi être utilisée dans le même objectif, mais il semblerait que le recours à cette matière allergène ne soit plus d’actualité dans le domaine de la protection de la main. 

Plus récemment encore apparurent des fibres de haute technologie. On citera parmi elles le Thunderon®, une fibre anti-statique évitant la détérioration des composants ou produits manipulés, dotée en outre d’un effet antibactérien et d’une forte résistance à l’usure, en encore le Thinsulate®, une fibre hydrophobe au pouvoir chauffant élevé. Le graphène, une fibre proche du carbone aux multiples avantages (souplesse, longévité, légèreté, résistance élevée à la coupure, au feu et à la chaleur…) est considérée par la communauté scientifique comme l’une des principales innovations de ces quinze dernières années dans le domaine des matières synthétiques. Le domaine de la protection de l’homme au travail est l’une de ses nombreuses et toutes dernières applications (l’un des gants présentés dans ce dossier, commercialisé en France par PIP, est élaboré à base de graphène). 

Il y a quelques mois, les visiteurs de la dernière édition d’Expoprotection découvraient la fibre Dyneema® Diamond, présentée notamment en avant-première sur le stand du fabricant de gants espagnol Juba. Développée (plus particulièrement pour répondre aux attentes du marché de la protection de la main) par DSM, l’inventeur de Dyneema® (une fibre polyéthylène particulièrement résistante, légère et durable), cette nouvelle fibre, infiniment plus résistante que l’acier, compte parmi de nombreux atouts une exceptionnelle résistance à la coupure.  

Nitrile et PU, deux matières phares pour l’enduction 

Tandis que les fibres synthétiques remplaçaient les matières naturelles dans le tricotage des gants, les polymères se substituaient à des matières naturelles comme le latex et le caoutchouc pour l’enduction des gants tricotés. Le polyuréthane (PU), une matière présentant une bonne résistance à l’usure, à la déchirure et à l’abrasion, qui laisse la main respirer et offre un bon grip et le nitrile, un caoutchouc de synthèse non allergène qui présente, grosso modo, des avantages similaires à celui du PU, sont les deux matières reines pour l’enduction des gants tricotés. Plusieurs fabricants indiquent que le nitrile serait en passe de prendre la place dominante qui était jusqu’alors occupée par le polyuréthane. Des coûts de revient abaissés et le fait que, contrairement au PU, le nitrile fasse barrière à la pénétration des liquides, pourraient expliquer ce phénomène. Le PVC est une autre matière d’enduction des gants. Offrant une bonne protection chimique (notamment aux acides) elle semble accuser un certain recul, peut-être à cause de son manque de souplesse. D’autres polymères comme le butyle, le fluoroélastomère ou encore le PVA (alcool polyvinylique), plus récemment développés, atteignent de hauts niveaux de performance… Mais aussi de coût, une raison qui pourrait expliquer qu’ils restent cantonnés à quelques niches de marché. 

L’ergonomie, un impératif 

Pour pouvoir remplir sa vocation première de protection du risque, tout EPI – et les gants ne font pas exception – doit bien évidemment être porté. Et pour que protection ne rime pas avec contrainte, l’ergonomie – une notion qui se traduit in fine par un confort d’utilisation qui fait que l’utilisateur d’un EPI oublie qu’il le porte – est un impératif absolu. Pour renforcer sans cesse cette ergonomie, le travail des fabricants commence tout en amont, dès la conception de formes qui reproduiront le plus fidèlement possible l’anatomie de la main. On pourrait même dire « des mains », un fabricant expliquant que la taille et certaines caractéristiques de la main (la pince pouce/doigts notamment) ne sont pas identiques partout dans le monde, raison pour laquelle certains spécialistes conçoivent les formes de leurs gants en fonction des marchés sur lesquels ils réalisent les volumes de ventes les plus élevés. Concernant les tailles de gants proposées, on remarquera au passage que l’éventail des tailles semble s’être élargi, comme le montre l’exemple (qui n’est sans doute pas le seul) du fabricant allemand dont les produits sont commercialisés dans l’Hexagone par sa filiale française Uvex Heckel qui, pour répondre aux besoins du marché européen, décline désormais ses gammes dans les tailles 5 à 12, au lieu des tailles 7 à 11 précédemment. 

Un gant ergonomique est également un gant dans lequel la main ne transpire pas, en tout cas pas de manière à occasionner une gêne. La transpiration serait en effet la raison la plus fréquemment invoquée, et de loin, par les professionnels réticents à porter des gants de manière régulière et/ou continue. Limiter cette transpiration est donc une préoccupation forte à laquelle les fabricants répondent de manières diverses dont le recours à des matières absorbant la transpiration ou l’intégration de microcapsules jouant un rôle de régulateur. Le grip d’un gant et sa tactilité conditionnant en grande partie la dextérité de l’utilisateur, deux qualités majeures attendues de tout gant de protection, ont eux aussi à voir en partie avec l’ergonomie d’un gant (notamment sa forme et son épaisseur…). Pour favoriser le port des gants de manière continue tout au long d’une journée de travail qui peut être ponctuée de tâches de natures différentes, les fabricants ont conçu des produits polyvalents permettant, outre limiter certains risques « classiques », de manipuler facilement un écran tactile ou de dissiper  l’électricité statique, pour citer ces deux exemples. 

Préserver la santé et l’environnement 

Au cours d’un passé récent, l’évolution de l’offre du marché de la protection de la main a également porté sur la mise sur le marché de produits fabriqués à partir de substances sans risque pour la santé humaine (en dehors bien sûr de la vocation même du gant de protéger de certains risques). Aujourd’hui, les gants de protection, exempts de certaines substances nocives comme l’exige la réglementation REACH, sont aussi de plus en plus souvent fabriqués sans substances allergènes (nous évoquions plus haut cet aspect pour la fibre de verre, mais le risque existe avec d’autres matières, et notamment le latex). Les gants porteurs du label Oeko-Tex garantissant l’absence de substances nocives et leur non dangerosité pour la peau se généralisent, certains acteurs du marché se rapprochant même de laboratoires spécialisés pour s’assurer de l’innocuité des substances entrant dans la composition de leurs produits. 

Une proportion croissante des enductions des gants sont formulés en base aqueuse, une exigence émanant souvent des grands comptes. De telles enductions sont donc exemptes de solvants… théoriquement. En réalité, plusieurs fabricants expliquent que l’argument « base aqueuse » est parfois fallacieux, la formulation de l’enduction n’étant pas toujours sur une base 100% aqueuse. Quoi qu’il en soit, plusieurs des fabricants qui proposent des enductions intégralement formulées sur base aqueuse nous ont indiqué pratiquer ainsi dans l’objectif premier de ne pas avoir à retraiter les déchets. 

Sur le chapitre de la préservation de l’environnement, les choses en vont différemment dans les diverses parties du monde, les réglementations à observer n’étant pas universelles, comme chacun le sait. Pour ce qui est de l’offre en gants de protection disponible sur le marché européen, et notamment en France, elle est fabriquée, sans doute dans une importante proportion, avec une réelle préoccupation de développement durable, appelée à se renforcer encore. Toutefois, pour bon nombre des fournisseurs que nous avons interrogés sur ce point, les arguments de vente liés au développement durable de manière générale semblent avoir été moins souvent mis en avant au cours des deux ou trois dernières années que durant celles qui les ont immédiatement précédées. Cela peut traduire un certain essoufflement du phénomène de « greenwashing », très important il y a 4 ou 5 ans en arrière, et/ou, une volonté des fabricants d’apporter aux acheteurs des réponses sur d’autres points jugés prioritaires, telle la performance réelle des produits face aux risques encourus ou encore le prix des produits.

Polyvalence et spécialisation  

Interrogés sur l’évolution globale de leur offre, les acteurs du marché de la protection de la main dégagent plusieurs courants forts. Sur l’aspect quantitatif, certains fabricants comme Mapa Professionnel, l’un des ténors du marché mondial, évoquent une offre qui s’allonge régulièrement à travers l’intégration chaque année au catalogue de la marque de trois à cinq produits nouveaux (même si certaines nouveautés viennent remplacer des références). Dans la plupart des cas, ces nouveaux gants sont développés initialement pour apporter à un client la réponse à une application spécifique avant d’intégrer l’offre standard de la marque. Génératrice d’innovation produit, cette démarche du fabricant essentiellement tourné vers l’utilisateur, n’est bien sûr pas l’apanage d’une seule marque et elle est mentionnée, outre Mapa Professionnel par Lebon, Uvex ou encore Honeywell Safety Products. Cette spécialisation de l’offre n’est d’ailleurs pas incompatible avec une volonté de rationalisation de la gamme attendue des acheteurs désireux de diminuer le nombre de références à gérer. Une rationalisation qui s’est récemment traduite par une proposition renforcée sur le marché de gants multi-enductions aptes à protéger de plusieurs risques dont  le risque mécanique, omniprésent, et le risque thermique ou le risque chimique.  

Un CA de quelque 200 Mε

En l’absence de chiffres émanant d’une organisation professionnelle ou d’un institut spécialisé, nous devrons une fois de plus nous cantonner à une estimation du marché qui nous préoccupe dans ce dossier. Cette estimation du marché français du gant de protection s’établit autour de 200 Mε, une valeur qui traduirait une légère hausse des volumes selon la plupart des fabricants qui nous ont livré leur sentiment sur ce point. Comme cela a été dit à plusieurs reprises dans cet article, le gant pour les risques de coupure domine très largement le marché et les ventes de cette catégorie de produit pourraient représenter le tiers des ventes globales. Du côté des prix et en dépit de la très forte hausse qu’ont récemment subi certaines matières premières comme le latex, ceux-ci seraient relativement stables. 

En ce qui concerne les acteurs en lice sur le marché de la protection de la main, on peut les classer en deux grandes catégories. Les importateurs/distributeurs et autres spécialistes des EPI faisant fabriquer leurs gammes (EuroProtection, Difac qui commercialise notamment la marque ATG, Singer, Portwest, Seeds…) ainsi que les distributeurs commercialisant les produits sous leurs propres marques (les MDD sont jugées dominantes par plusieurs de nos interlocuteurs fabricants) forment l’une de ces deux catégories. Les fabricants commercialisant leurs gammes sous leurs marques constituent une seconde catégorie qui regroupe des spécialistes de la protection de la main, des spécialistes des EPI dans leur ensemble ou encore des spécialistes d’une famille d’EPI autre que les gants. Deux de ces fabricants dominent le segment de marché des marques de fournisseurs en France, l’Australien Ansell et Mapa Spontex, récemment intégré au groupe américain Newell Brands. Ces deux intervenants, par ailleurs des leaders mondiaux, sont suivis de nombreux acteurs d’origine diverses détenant des parts de marché variables dont les Français Lebon et Rostaing, l’américain Honeywell Safety Products, l’Allemand Uvex et le Suédois Ejendals (marque de gants Tegera), deux fabricants qui poursuivent leur montée en puissance sur le marché Hexagonal, l’Espagnol Juba, etc. 

La liste pourrait s’allonger de nombreux noms encore, tant le marché des gants de protection est atomisé derrière les quelques acteurs qui en détiennent les parts de marché les plus importantes. L’arrivée de nouveaux-venus comme l’Américain spécialiste de l’EPI Protective Industrial Products prouve en tout cas que le marché français, déjà très atomisé, continue à attirer des intervenants. Même si aucune envolée du marché n’est annoncée, la plupart de ses acteurs pensent que le potentiel du marché hexagonal est loin d’être tari. Ils estiment pour la plupart qu’il leur reste encore beaucoup à faire, tant du côté de l’innovation technique que dans le domaine de la pédagogie, pour convaincre certains professionnels (les artisans, mais pas seulement), de l’importance de porter des gants adaptés aux risques encourus.     

Dominique Totin 

L'évolution des normes

Engagée dans le contexte d’un développement fort du marché des gants de protection contre les risques de coupure, la révision de l’EN 388 des gants pour les risques mécaniques figure parmi les évolutions récentes du cadre normatif. Cette révision porte essentiellement sur l’utilisation plus large d’une nouvelle méthode d’essai décrite par l’EN ISO 13-997. Depuis la publication de la nouvelle norme EN 388, dès lors que le test réalisé selon la méthode d’essai classique dite « coupe-test » (préexistante à la révision de la norme) démontre une usure de la lame par le gant à cause de matériaux particulièrement résistants, celui-ci doit obligatoirement subir un test supplémentaire pratiqué selon la nouvelle méthode décrite, dite « méthode ISO ». Selon l’EN 388 : 2016, le marquage indiquant les niveaux de performance d’un gant est donc maintenant composé de cinq, voire six chiffres et lettres. Les quatre premiers chiffres qui existaient déjà avant la révision de la norme indiquent le niveau de performance du gant face à l’abrasion (0 à 4), la coupure « coupe-test » (0 à 5), la déchirure (0 à 4) et la perforation (0 à 4). Ils sont maintenant suivis d’une lettre (A à F) relative au niveau de performance du gant au test de coupure ISO (F indiquant le niveau le plus élevé). Une lettre P, signifiant que le gant offre une protection contre un nouvel essai d’impact peut éventuellement suivre cette première lettre si le gant est conçu pour les impacts. « Concernant les gants EN 388 déjà commercialisés avant la révision de la norme, il est important de préciser que les quatre premiers chiffres indiqués dans l’EN 388 : 2016 peuvent avoir subi une modification, surtout les deux premiers (abrasion et coupure), sans pour autant que la performance des gants ait été modifiée. C’est une conséquence de l’amélioration apportée aux méthodes d’essai » souligne Marianne Rodot, responsable technique Mapa et Spontex et par ailleurs Présidente de la commission Gants du Synamap. 
Dans l’actualité récente en matière de normes pour les gants de protection, on peut aussi citer la révision en cours de l’EN 407 (risques chaleur et feu), les changements attendus dans le cadre de gants utilisés dans des applications professionnelles étant toutefois jugés mineurs par Marianne Rodot. On peut aussi mentionner la publication des révisions des différentes parties de l’EN 374 (risques chimiques et micro-organismes) qui, pour certaines, deviennent des normes internationales EN ISO, la méthode d’essai de la partie 4 (méthode relative à la dégradation chimique) étant, elle, une nouvelle norme. Enfin, une nouvelle norme définissant les exigences pour les gants de protection contre les pesticides, l’EN ISO 18-889, est en cours d’adoption. « De manière générale, on constate une fréquence plus grande sur le marché européen des normes EN ISO, une tendance qui va se renforcer encore » remarque Marianne Rodot qui précise que « Ce sont les normes européennes qui servent assez souvent de modèles dans le cadre de nouvelles réglementations dans les autres parties du monde, le Vieux Continent ayant une certaine avance à cet égard ». 

 

PIP - Protective Industial Products 

Gant G-Tek 15-440 

​PIP lance le gant G-Tek 15-440, un gant tricoté à base de fil graphène. Développée grâce aux progrès de la nanotechnologie, la fibre graphène est à la base un graphite dans une structure bidimensionnelle en forme de nid d’abeille possédant une très grande souplesse sans pour autant se rompre. Légère et résistante, elle offre un haut niveau de protection contre la coupure (le gant est certifié selon l’EN 388 avec les niveaux 4544) tout en permettant une excellente dextérité et possède une bonne tolérance au feu et à la chaleur. Dans le produit présenté, le graphène est associée à une enduction Neofoam à effet « screen touch » ajoutant de la respirabilité et de la durabilité pour offrir un gant d’un niveau de protection très élevé économiquement accessible et rentable sur le moyen terme.

 

Ejendals

Tegera Infinity 8801 

​Ejendals propose le gant Tegera Infinity 8801, un nouveau gant synthétique en nylon et spandex tricoté jauge 15 avec une enduction en mousse de nitrile et PU phase aqueuse sur la paume.  Imperméable à l’eau et aux huiles, cette enduction garantit une meilleure innocuité (sans solvant DMF ni silicone) et supporte également la chaleur de contact jusqu’à 100°C, faisant de cet EPI une solution très polyvalente aux postes d’assemblage et de petites manutentions. Répondant aux exigences des normes EN 388 (4121) et EN 407 (x1xxxx), le gant Tegera Infinity 8801 possède également le label Oeko-Tex standard 100. 

 

Singer 

Gant MC5 

​MC5 de Singer est un gant de protection contre la coupure (niveau 5 dans l’EN 388) coupé-cousu avec une enduction nylon/PU sur la paume renforcée par des picots en silicone. Il possède un renfort anti-usure entre le pouce et l’index, un poignet néoprène élastique, une doublure paume en fibres para-aramide et des inserts au dos pour l’absorption des chocs. Il existe dans les tailles 9 et 10. 

 

KS Tools     
Gant de manutention 

KS Tools propose un gant de manutention tricoté avec revêtement PU à la paume. Ce gant aéré certifié EN 388 (1131) qui s’adapte précisément à la forme de la main est adapté aux travaux minutieux.

 

 

Delta Plus

EOS Nocut VV910

​EOS Nocut VV910 de Delta Plus est un gant anti-coupures à support tricoté en polyéthylène haute performance (fil en Kevlar® utilisé pour les coutures pour une durée de vie allongée) avec une double enduction : la première en nitrile lisse imperméable aux huiles et la seconde en nitrile mousse procurant une bonne adhérence. Il possède un renfort entre le pouce et l’index ainsi que, sur le dos et les doigts, des renforts flexibles en néoprène pour une meilleure protection contre les impacts et les pincements (protection 5 J des métacarpiens) et, sur la paume, un renfort en relief. Pour plus de confort et de sécurité, il est équipé d’une manchette de 8 cm. Ce gant est certifié selon les norme EN 388:2003 (4543), EN 388:2016 (4X43DP) et EN 13594  (413/682). 

 

Portwest 

​Senti-Flex 

Senti-Flex de Portwest est un gant certifié EN 388 (3121) ultra-fin pour travaux de finition avec dextérité, respirabilité et grip. Sur une base de tricot nylon, il est revêtu d’une enduction PU pour une meilleure résistance à l’abrasion. 

 

 

​Blaklader    

Gant de montage  

Sous La référence 2245, Blaklakder propose un gant de protection mécanique EN 388 (2111) en stretch PU s’ajustant à la main et spandex convenant aux activités d’assemblage pour lesquelles dextérité et sensibilité des doigts sont essentielles. L’extrémité des doigts renforcée et le poignet possède une fermeture velcro®. 

 

Uvex

Phynomic C5

Le gant Phynomic C5 d’Uvex, certifié EN 388 : 2016 (4X42C), offre un très bon niveau de protection anti-coupure (niveau C selon le test de la norme ISO 13 997). Ce gant à poignet tricoté très souple composé d’une base en fibres polyamide, élasthanne et Dyneema® Diamond et revêtu d’une enduction en mousse aqua-polymère sur la paume et le bout des doigts est bien adapté aux travaux en milieux secs et légèrement humides. Il présente une excellente dextérité et un très haut niveau de respirabilité. Fabriqué en Allemagne, Phynomic C5 est certifié pour le contact alimentaire et testé substances nocives d’après L’Oeko-Tex Standard 100. Il possède également les certifications Pure Standard garantissant l’absence de solvants et d’activateurs dans sa fabrication et proDerm, garantissant une très haute acceptation cutanée. 

 

Seeds

TurtleSkin CP Neon Insider 

La gamme TurtleSkin® CP Neon Insider, distribuée par Seeds, est composée de modèles pouvant être portés en tant que gants de manutention ou en tant que sous-gants sous des gants jetables (de type gants de ménage) ou des gants de manutention à des postes de travail nécessitant une bonne protection contre la piqûre et contre la coupure de l’intérieur de la main et du bout des doigts (sur les deux faces). Sur ces zones précises, ces gants tricotés sans couture possèdent une partie intérieure formant une véritable barrière à la coupure et à la perforation. Cette gamme est déclinée en trois versions de gants dont le modèle présenté, le plus protecteur, le TurtleSkin CP Neon Insider 530 (TSW530) possède une barrière TurtleSkin 3 épaisseurs présentant un niveau 5 à la coupure et une résistance supérieure à 700 g contre les aiguilles hypodermiques (testé avec une aiguille de 0,32 mm de diamètre) tout en conservant une bonne dextérité.   

 

ATG

Maxidry zero

Le gant Zero™ de la gamme MaxiDry® d’ATG (distribution Difac) est un gant tricoté sans couture à double enduction totale conforme aux normes EN 388 (4232) et EN 511(111). Apte au contact alimentaire, ce gant d’une épaisseur de 1,80 mm protège la peau de l’humidité et garde les mains au chaud en intérieur comme en extérieur et jusqu’à -30°C. Son support isolant est dissocié des articulations pour procurer un confort et une dextérité élevés. Toutes les composantes de ce gant sans silicone Oeko-Tex, qui possède une accréditation dermatologique professionnelle octroyée par la Skin Health Alliance, sont conformes à la directive REACH.  

 

Difac

​Ugly Mudder 

Le gant Ugly Mudder® 7310 d’HexArmor, distribué par Difac, est un gant de protection chimique avec enduction PVC/nitrile. Sa paume offre un excellent grip et une bonne protection contre les chocs, l’écrasement et les pincements. Ce gant lavable proposé dans les tailles 8 à 11 est conforme aux normes EN388 (4242) et EN 374-1 AKL. 

 

Honeywell Safety Products

Picguard Urban 

​Picguard™ Urban d’Honeywell est un nouveau gant conçu par Honeywell pour protéger ses utilisateurs des piqûres d’aiguille (il est détenteur de la certification américaine ASTM 288). À l’image du sous-gant Picguard™ antérieurement lancé par la marque, ce gant certifié EN 388 (4543) est fabriqué à partir de matériaux innovants en céramique, para-aramide et polyuréthane, résistants à la perforation et à la déchirure et protégeant efficacement la paume et les doigts. Une couche de protection renforcée au bout des doigts et sur le tranchant de la main confère au gant une résistance à l’abrasion et à la perforation accrue, la texture en polyuréthane sur la paume améliorant quant à elle la préhension dans les environnements secs et humides. Ce gant fin (0,5 mm d’épaisseur) possède un design ergonomique, avec des tissus et une bande au poignet élastiques. 

 

Mapa Professionnel 

Krotech 851

Pour la manutention lourde en environnement graisseux et salissant, Mapa Professionnel propose Krotech 851, un gant EN 388 : 2016 (4x43DP – 17 N) tricoté sans couture à base de fibres PEHD avec une enduction spéciale Grip&Proof à base de nitrile et équipé d’une manchette de sécurité. Ce gant garanti sans DMF confortable et durable offre une haute résistance à la coupure (niveau D selon ISO 13997) et absorbe les chocs. Il présente un excellent grip lors de manipulation de pièces graisseuses, coupantes ou non, réduit le risque de chute des objets ainsi que la fatigue musculaire.  

 

Euro Protection

Eurogrip 15N505

​Eurogrip P15N505, une référence Eurotechnique d’Euro Protection, est un gant tricoté (jauge 15) sans couture en nylon et Spandex à enduction nitrile lisse sur la paume et trois quarts du dos associée à une enduction en mousse de nitrile à effet grainé sur la paume. Ce gant sans silicone destiné à la manutention légère et de précision, étanche sur la paume et les doigts, possède une excellente adhérence, même en milieu huileux, ainsi qu’un confort, une dextérité et une longévité élevés. Il est équipé d’un poignet élastiqué pour une meilleure protection contre les salissures. Existant dans les tailles 6 à 11, il est conforme aux normes EN 388 (4131). 

 

Juba

Feel&Grip 

​Juba propose, sous la référence H257 Feel&Grip, un gant de manutention tricoté (jauge 15) sans couture en nylon® et enduit de latex avec la technologie ANR (Advanced Natural Rubber) sur la paume (avec micro-ventouses) et sur le bout des doigts pour un meilleur grip et une résistance renforcée à l’abrasion et à la déchirure. Souple, léger et respirant, ce gant EN 388 (3141) bénéficie du traitement Actifresh® prévenant les mauvaises odeurs et éliminant les bactéries et du traitement Sanitized® évitant les irritations de la peau. 

 

Hultafors /Snickers

Specialized Impact

Extrait de la gamme Specialized de Snickers commercialisée par Hultafors, Specialized Impact est un gant certifié EN 388 (2121) en polyamide (54%), caoutchouc (17%), polyuréthane (16%) et polyester (13%) conçu pour protéger les doigts contre les blessures lors d’impacts. Il possède une garniture en Poron XRD™ sur le pouce, l’index et le majeur recouverte d’un matériau fin et robuste en polyuréthane qui permet une grande dextérité tout en protégeant le gant de la saleté et de l’usure. La paume, rembourrée pour une préhension confortable, est recouverte de Chamude®, une matière souple et aérée, la partie inférieure du dos du gant étant pour sa part recouverte d’un tissu léger et élastique. Un poignet serré en Airprene avec fermeture Velcro® renforce le confort de ce gant et la protection qu’il apporte.   

 

Lebon

Powerfit ESD

​Powerfit® ESD de Lebon est un gant tricoté jauge 13 sans couture en filament 100% polyéthylène haute densité et fil carbone avec insertion d’élasthanne et à enduction Clean PU sur la paume et les extrémités des doigts. Ce gant à poignet élastique très résistant à l’abrasion et à la coupure par tranchage qui répond aux exigences de la norme EN 388 (4343) est conducteur selon la norme EN 1149-2. Il dissipe donc l’électricité statique pour éviter les décharges électrostatiques. La combinaison de ses différents composants lui confère également une dextérité et une souplesse d’un haut niveau.