Les dégrippants
Le spécifique pour se libérer de l’engrenage prix
Produit phare des libre-services professionnels, le dégrippant est soumis à la vigueur promotionnelle du produit multifonction. Si ce dernier est incontournable, le dégrippant spécifique a la préférence des marques pour retrouver de la valeur ajoutée. Les formulations plus respectueuses de l’environnement et de la santé sont également de plus en plus demandées par les distributeurs.
Le dégrippant est considéré comme le couteau suisse de la maintenance industrielle, fortement utilisé aussi par les métalliers et autres plombiers, chauffagistes et finalement par tout un chacun compte tenu de son large spectre d’applications. Le leader incontestable de la catégorie, WD-40, n’hésite d’ailleurs pas sur son site internet à parler de produit aux 2 000 usages. Plus traditionnellement, les communications liées au dégrippant multifonction se contentent de lui attribuer une dizaine de missions : dégripper deux pièces coincées, protéger le métal de la rouille et de la corrosion, supprimer les grincements, lubrifier les filetages, repousser l’humidité, éliminer la graisse et la saleté de la plupart des surfaces, prolonger la durée de vie des équipements, etc., certaines fonctions allant de pair avec les autres. En 1953, l’ingénieur chimiste Norman Larsen travaillait d’ailleurs sur une solution repoussant l’eau afin de protéger les surfaces métalliques contre la corrosion pour des applications dans le domaine aérospatial, avant de donner naissance au « WD-40 ». Rappelons aussi que quelques années plus tôt, en 1923, Paul Durieu, fils du fondateur de la société Durieu, avait mis au point le Transyl®, un dégrippant capable de dégripper et lubrifier. Pour résumer, l’application la plus courante d’un dégrippant consiste à desserrer les montages et les organes mécaniques grippés, notamment par la corrosion.
Emblématique
Depuis ces innovations, le dégrippant est devenu un incontournable des gammes des fournisseurs, qu’il s’agisse des spécialistes de la lubrification et de la maintenance industrielle, de l’aérosol technique, mais aussi des peintures et de l’entretien du métal. Certains disposent de leur propre laboratoire de recherche et développement pour élaborer leurs formules, à partir de matières premières qu’ils sélectionnent, et conditionnent en interne ou à l’extérieur. D’autres s’approvisionnent directement auprès de spécialistes. « Pour nous, les dégrippants sont une offre complémentaire, permettant à nos clients distributeurs de consolider leurs achats » explique Gaël Rebondy,
market manager France chez Rust-Oleum, spécialiste des peintures et revêtements techniques, notamment anti-rouille. « Compte tenu du positionnement haut de gamme de la marque Rust-Oleum, nous tenons à ce que nos produits complémentaires soient positionnés sur le même type de qualité et non pas sur du produit de grande série. »
Aussi inévitable le dégrippant soit-il, son marché suit l’évolution de la conjoncture, très lié à l’activité au quotidien des professionnels. Les spécialistes s’accordent ainsi sur une tendance à la baisse de l’ordre de 6%, tant en volume qu’en valeur. Le dégrippant multifonction est en effet souvent considéré comme un produit d’appel, à grands renforts d’animations commerciales et de communication, notamment sous l’effet de la stratégie du leader, WD-40, ce qui incite les autres marques du secteur à s’aligner côté prix. Par ailleurs, ce marché très bataillé doit aujourd’hui faire face à une montée en puissance des MDD.
Le premier des lubrifiants
Appelé parfois huile pénétrante, le dégrippant est tout d’abord un lubrifiant. Plus exactement, il fait partie de la famille des lubrifiants liquides, qui comprend également des huiles spécifiques (huiles spéciales chaînes, spéciales engrenages...) et des huiles de coupe, dont il représente le poids le plus important, le produit multifonction largement en tête.
Le dégrippant est composé d’une huile de base, minérale, de synthèse ou végétale, la plus fine possible pour s’infiltrer dans les interstices les plus petits. En revanche, il se distingue des lubrifiants classiques en contenant des solvants hydrophobes, qui viennent pousser l'huile au cœur de l'assemblage. Le dégrippant agit ainsi par capillarité : grâce à sa faible viscosité, il pénètre jusqu'à la rouille pour la décoller progressivement, les solvants agissant en dispersant les résidus et autres poussières. « La tension de surface étant faible, le produit pénètre en profondeur. Les solvants peuvent présenter des vitesses d'évaporation plus ou moins lentes, permettant au produit de rester liquide suffisamment longtemps pour dissoudre aussi l’oxydation. Ensuite, ils s'évaporent pour laisser un film lubrifiant qui va faciliter le dégrippage » explique Olivier Bortot, marketing manager chez ITW Spraytec, qui s’appuie sur la marque Jelt, spécialiste notamment des aérosols de maintenance.
Nécessitant toujours une action manuelle finale, le dégrippage est très fortement favorisé et simplifié par l’application du produit, lequel peut aussi avoir, en fonction des additifs présents dans sa formulation, une action préventive, notamment en limitant les effets néfastes de l’humidité, d’une température élevée ou encore d’une forte pression sur l’assemblage. Cette action préventive est appréciée de professionnels comme des métalliers, pour le stockage de pièces découpées et/ou usinées dans des endroits possiblement humides, ou même des électriciens : en mesure de chasser l’humidité dans les assemblages, le dégrippant est également capable de rétablir des contacts électriques.
Ce processus de dégrippage peut être intensifié en appliquant du froid, comme avec un dégrippant givrant, qui fragmente la rouille par effet thermique.
Différentes huiles
Plus précisément, l’huile de base d’un dégrippant dont la capacité à s’insinuer dans le moindre interstice d’une pièce pour la dégripper est d’autant plus élevée que sa viscosité est faible (pouvoir mouillant élevé) peut avoir diverses origines. Résultant du raffinage du pétrole brut – la qualité intrinsèque de ce dernier déterminant en grande partie la qualité du produit fini – les huiles minérales sont aujourd’hui de plus en plus souvent remplacées dans les formulations, particulièrement dans l’univers professionnel, par les huiles synthétiques, aux propriétés reconnues supérieures. Développées sur une échelle significative à partir des années 1960, les huiles synthétiques et semi-synthétiques, sont obtenues par la réaction chimique de plusieurs composants.
Le rôle essentiel joué par l’huile de base dans les caractéristiques d’un dégrippant ne doit pas masquer celui des solvants et des additifs entrant également dans sa composition, les premiers facilitant donc le mélange des composants du...











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